31/1/12

Le Patriarcat de Moscou se rapproche de l’Église grecque

À plusieurs reprises, le patriarche Kirill de Moscou a pris position dans des affaires concernant l’archevêché d’Athènes.
Le métropolite Hilarion de Volokolamsk (au centre) présente le président du parti grec Nouvelle d...

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk (au centre) présente le président du parti grec Nouvelle démocratie au patriarche Kirill de Moscou

Ce rapprochement met au jour les rivalités entre l’Église russe et le Patriarcat de Constantinople, en particulier sur les questions de gouvernance.

QUELS SONT LES SIGNES DE RAPPROCHEMENT ?
Lors d’une rencontre avec le responsable du parti grec conservateur « Nouvelle Démocratie », le 26 janvier, le patriarche orthodoxe russe Kirill a annoncé que son Église allait venir en aide financièrement à l’Église de Grèce. 
 « J’ai donné ma bénédiction pour rassembler des fonds dans les églises de Russie afin d’aider les Grecs qui font face à des  problèmes en raison de la crise,  a-t-il fait savoir. Des rencontres ont lieu entre nos organismes caritatifs, afin que l’Église russe puisse participer à cette bonne œuvre d’entraide destinée à tous ceux qui sont dans le besoin en Grèce. »  
Fin décembre, le primat de l’Église russe avait déjà pris position sur un sujet concernant les affaires de l’Église grecque : l’incarcération du P. Ephrem, higoumène du Vatopedi, l’un des plus importants monastères du Mont Athos, au cœur d’un scandale immobilier. 
Dans une lettre adressée au président de la république de Grèce, le patriarche Kirill faisait part des interrogations suscitées par cette mesure en Russie, où le P. Ephrem avait accompagné au mois de novembre la relique de la ceinture de la Vierge, accueillie par plusieurs millions de fidèles russes.

COMMENT INTERPRÉTER CES FAITS ?

La consolidation d’un axe Moscou-Athènes doit être relue à l’aune de la rivalité opposant les patriarcats de Constantinople (qui bénéficie d’une primauté historique dans l’orthodoxie) et de Moscou (le plus important démographiquement, avec 150 millions de fidèles). 
Pour Nicolas Kazarian, chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), les prises de position de Kirill traduisent « le désir d’hégémonie de Moscou sur toutes les questions orthodoxes dans le monde ».  Mais ce qui est nouveau, remarque-t-il, c’est une forme d’« ingérence »  dans le fonctionnement interne des Églises.
En l’occurrence, cette main tendue est aussi une façon pour Kirill de rallier à sa cause des Églises n’appartenant pas au monde slave, y compris dans des régions culturellement liées à Constantinople. L’archevêché d’Athènes, lui, accueille favorablement ce soutien, d’autant que ses rapports sont parfois compliqués avec Constantinople, pour des raisons historiques. 
Ce jeu d’influences révèle aussi les tensions sous-jacentes entre Moscou et Constantinople dans la préparation du futur Concile panorthodoxe, qui voit les deux entités s’opposer sur des questions de gouvernance. Enfin, il n’est pas anodin que ces prises de position interviennent à un moment où l’archevêché d’Athènes se voit de plus en plus critiqué pour ses privilèges : à travers sa puissance, l’Église russe rassure une Église grecque qui se sent de plus en plus isolée.
FRANÇOIS-XAVIER MAIGRE

Πηγή

Δεν υπάρχουν σχόλια:

Δημοσίευση σχολίου

Υφίσταται μετριασμός των σχολίων.